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Chers lecteurs, pourquoi écrire un blog alors que tout sera peut-être perdu, flottant au milieu d’un océan de publications ou effacé à jamais lors d’un nettoyage de serveur ? Notre temps facilite l’expression mais aussi le délitement des verbes.

Si la possibilité de diffuser n’est pas absente de tous mes futurs écrits, l’élan premier de ce que je tape est le désir de sortir de moi, d’exister. Je désire trouver les voies d’une relation entre mon intérieur et cet extérieur composé du monde dont nous faisons partie. Comme chacune de mes photographies je recherche une densité, une intensité. J’aspire à nouer une résonance avec ce qui m’est semblable. Le monde m’est semblable, vous aussi. Je n’écris pas pour la masse mais pour vous, vous qui avez été affecté par mes photographies.

Ces photographies ne sont pas seules, elles sont peuplées de mes pensées, de vos pensées. Elles sont portées par des émotions que nous pouvons partager. Je les produis au sens de tous ceux qui pourront les ressentir comme une voie vers quelque chose qui nous est plus large. Parce que le monde est large. Nous avons la chance de vivre une époque dans laquelle nos modes vie sont mis à la question. Au milieu des désastres, nous sommes tout de même vivants et nous devons affirmer la vie. Je ne vais pas évoquer tout ce qui nous menace, cela est déjà trop connu, sauf par les plus réfractaires, ou les plus affectés par la cécité. Ici, même si vous pourrez voir des images de l’effondrement, c’est en dernier ressort l’élan de vie qui domine. Derrière chaque image, il ne faut pas voir les ténèbres, mais la lumière nécessaire à chaque image. Chaque fois que je fais une prise de vue, je sens la relation qui nous unit à l’univers. Nous ne sommes pas seuls, mais entourés d’un monde bénéfique, d’un souverain Bien comme disaient les anciens. Le monde est tous les êtres.

Les prises de vue nocturnes sont particulièrement propices à se sentir au sein du monde. Dans les montagnes, où l’éclairage public n’arrivera certainement jamais, le cosmos s’offre de manière limpide. Notre place au sein de l’univers se révèle tenue et fragile, je m’y sens à la fois petit et grand. Petit, car je ne suis qu’une poussière d’étoile, un tas de cellules organisées situé nulle part puisque il n’y a pas de milieu. Grand, car je peux m’identifier et penser cette résonance, cette appartenance à l’immensité. Quand je me confronte à cette immensité, c’est également moi qui suis immense. L’univers et moi sommes mutuellement compris, dans les deux acceptions du terme. Il s’agit d’une rencontre, d’un alignement entre le sujet du cliché, le sujet qui déclenche et le cosmos enveloppant.

Lors des articles qui vont se succéder, à un rythme qui sera fixé par mes préoccupations, j’aborderai des questions que m’évoque la photographie mise en avant. Je n’en ferai pas la critique, je la laisse au spectateur ou au commentateur. Je la prendrai comme point de départ à une réflexion sur mes pensées actuelles. Lors de mes expositions, j’ai ressenti le besoin de bâtir un discours pouvant densifier ma pratique photographique. C’est par la culture qu’une œuvre se forme et s’enrichit. Elle s’enrichit de lectures mais aussi du développement d’une pensée propre. Une image peut se suffire à elle-même quand elle forte. C’est ce que je cherche à faire en donnant un caractère graphique à mes compositions longuement préparées. Mais il m’est nécessaire d’y apporter un élément supplémentaire : une pensée discursive.

Je vous souhaite nombreux et intéressés, je suis impatient de répondre à vos commentaires.

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